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Menace sur les libertés publiques et criminalisation de la solidarité, ça suffit !

Crédit Photo Photothèque Rouge
Manu Bichindaritz

Depuis le début de l’offensive à Gaza il y a une dizaine de jours, le pouvoir macroniste se livre à une offensive inédite contre les droits et les libertés publiques afin d’empêcher la solidarité avec le peuple palestinien de s’exprimer... Jusqu’où ?

Interdiction des manifestations, menaces judiciaires contre les organisations et les personnes, amalgames en tout genre… Darmanin et Dupont-Moretti déploient un arsenal qui, il y a quelques années, faisait encore partie des propositions portées par la seule extrême droite.

Interdit d’interdire

Jeudi dernier, à la différence de l’ensemble des autres pays occidentaux où elles ont pu avoir lieu, Darmanin officialisait l’interdiction de toutes manifestations ou rassemblements « pro-palestiniens » car supposés « susceptibles de générer des troubles à l’ordre public ». Des mesures liberticides à juste titre condamnées par des associations de défense de droits humains telle Amnesty qui parle d’une « atteinte grave et disproportionnée au droit de manifester », Darmanin allant même jusqu’à se faire tancer par le chef de la diplomatie italienne, pourtant très à droite : « interdire les manifestations dans un pays démocratique quand ce ne sont pas des manifestations violentes ne me semble pas être juste ». Au point où le Conseil d’État, saisi sur la question, doit se prononcer sur le sujet.

En accompagnement de cette décision, différents arrêtés préfectoraux étaient pris localement, y compris pour interdire la tenue de réunions publiques… Cela marque un tournant en matière de répression : on porte ici atteinte à la liberté d’expression et de discussion, en interdisant la formulation d’une pensée politique qui soit autre que le simple alignement sur le « soutien inconditionnel » à l’État d’Israël qui tient lieu de ligne diplomatique pour les macronistes depuis une dizaine de jours.

Criminalisation

Cette volonté d’empêcher toute expression publique et massive de solidarité avec le peuple palestinien, y compris même autour des exigences de cessez-le-feu ou de paix, s’accompagne de lourdes menaces contre des organisations et des personnes.

Mardi 10 octobre, dans un contexte politico-médiatique étouffant, Darmanin annonçait à la télévision sa demande d’ouverture d’une enquête contre le NPA pour « apologie du terrorisme »... Quelques jours plus tard, toujours en s’appuyant sur les mêmes dispositifs du code pénal, Gérald Darmanin annonçait avoir « dressé onze article 40 » concernant des associations et des individus. Et mardi matin, c’est même la députée Danièle Obono qui est accusée d’« apologie du terrorisme », Darmanin annonçant sur un réseau social saisir le procureur de la République pour ce motif. Des coups de pression judiciaires qui peuvent ouvrir la voie à de possibles dissolutions d’organisations si on les laisse faire.

Et dans l’arène médiatique déchaînée, il devient impossible de formuler la moindre pensée complexe des causes, des tenants et aboutissants d’une situation de conflit vieille de 75 ans, à commencer par la situation coloniale actuelle que subit le peuple palestinien. Seule doit exister la dénonciation morale.

Plus que jamais solidaires !

Dans un contexte difficile marqué par la guerre au Proche-Orient — où les tueries de civilEs menées par le Hamas sont suivies des crimes de guerre menés par l’État israélien — et par les effroyables assassinats d’Arras et de Bruxelles, ce gouvernement est irresponsable. En mettant en œuvre les mesures les plus liberticides, il veut interdire l’expression des solidarités et même empêcher toute pensée souhaitant comprendre (sans rien excuser) la situation actuelle au Proche-Orient. Pour le peuple palestinien, menacé là-bas par une catastrophe en cours dans la bande de Gaza, pour nos libertés ici, nous ne pouvons laisser faire.

Aucune interdiction n’a jusqu’ici réussi à empêcher les manifestations de se tenir, créant seulement les conditions de la répression et jouant sur les peurs afin d’instiller l’idée de ne pas y participer. Cela alors que, pour ne citer que cet exemple, de l’autre côté de la Manche, une manifestation énorme — et autorisée — avait lieu samedi dernier à Londres.

Plus que jamais, ces prochains jours et dans l’unité la plus large, des mobilisations de rue en soutien au peuple palestinien et à la lutte légitime pour ses droits doivent avoir lieu. Alors que le déplacement forcé — et criminel — d’un million de personnes dans la bande de Gaza est dénoncé y compris par les organisations humanitaires, il en va de la solidarité élémentaire avec l’humanité.

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Mis à jour le samedi 13 avril 2024