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Riposte sociale, antiraciste et antifasciste

Crédit Photo Photothèque Rouge / JMB
Fabienne Dolet

Alors que les indicateurs économiques sont décevants pour le gouvernement, Darmanin négocie avec Ciotti et les Républicains pour faire passer sa loi anti-migrantEs et Borne dégaine les 49.3 et les politiques antisociales. Un cours autoritaire et une surenchère raciste qui pourrait les prendre à leur propre jeu… pour le plus grand bonheur de l’extrême droite.

La polémique survenue entre Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique, et Bercy, à l’occasion du vendredi de la consommation, n’est sans doute pas anodine. Sous la pression des associations de commerçantEs, émus par les spots de l’Ademe incitant à ne plus acheter neuf, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a affirmé : « Je crois profondément à la sobriété mais pas en prenant les vendeurs ou les commerces physiques comme cibles, et pas en culpabilisant ».

Comprendre, la sobriété c’est (peut-être) bien, consommer c’est mieux ! Car tout ne va pas si bien en macronie. Les effets de la politique économique menée en faveur des riches et des inégalités se font sentir. Ainsi, la consommation des ménages a certes augmenté de 0,8 % au troisième trimestre mais après avoir baissé de 1,3 % au trimestre précédent. En un mot, elle stagne. Le chômage remonte au troisième trimestre (7,4 %). Le nombre de défaillances d’entreprises n’a jamais été aussi haut depuis 2016, notamment dans la restauration. La faute au Covid et au télétravail, on vous dit ! L’inflation, les bas salaires et la précarité ? Non, le mantra libéral n’en démord pas depuis Sarkozy, il faut « travailler plus pour gagner plus » et ­consommer !

Réduire la durée d’indemnisation du chômage des seniors

Dans cet esprit, Le Maire veut réduire la durée d’indemnisation chômage des seniors pour les faire travailler plus longtemps, à l’instar de la réforme du chômage mais aussi pour s’aligner sur la détestable réforme des retraites. Syndicats et patronat avaient trouvé un accord début novembre sur l’assurance chômage, qui n’est pas agréé par le gouvernement en raison du refus des syndicats de salariéEs de repousser de deux ans les bornes d’âge à partir desquelles les salariéEs les plus expérimentés peuvent bénéficier d’une indemnisation rallongée. L’objectif de 5 % de chômeurEs d’ici la fin du quinquennat — dit de plein emploi ! — ne serait pas rempli selon le gouvernement !

Dans le même sens, Élisabeth Borne considère désormais les ruptures conventionnelles mises en place sous Sarkozy comme nuisibles à l’emploi. Rappelons qu’elles ne représentent que 11,3 % des sorties de CDI, la démission restant de loin la première cause de sortie de CDI (43,5 %).

La vérité, c’est que le gouvernement veut accroître la pression sur les travailleurEs pour qu’ils acceptent des bas salaires et des conditions de travail dégradées.

De motions de censure en surenchères avec la droite

Le dogme néolibéral n’en finit pas de s’appliquer contre la volonté des salariéEs, ou du moins sans leur volonté. On s’en passe, comme on se passe de l’Assemblée nationale. Ainsi Élisabeth Borne en est-elle à sa 19e utilisation du 49.3 pour faire passer recettes et dépenses du budget de la Sécurité sociale en deuxième lecture, car « Nous avons besoin du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour faire vivre notre modèle social » a-t-elle dit. On s’étrangle deux fois, tant le modèle social est vidé de sa substance et la méthode, autoritaire.

Pendant ce temps, le ministre de l’Intérieur jure ses grands dieux qu’il fera voter sa loi anti-­migrantEs, en nous faisant croire que le gouvernement est démocrate. Il négocie avec la droite, dernier minuscule tampon avant la collusion directe avec l’extrême droite. Il occupe l’espace politico-médiatique, dans lequel il passerait presque pour un modéré, tant les grandes chaînes d’information sont saturées de haine xénophobe, islamophobe, raciste…

Dans cet engrenage antisocial et antidémocratique, la crise de régime, qui ne peut diriger que de manière de plus en plus autoritaire pour faire passer ses coups bas, le conduit sur le terrain de l’extrême droite, au risque d’être doublé par Ciotti et les Républicains.

La volonté des travailleurEs pour une véritable politique sociale et d’ouverture des frontières, peut et doit s’exprimer, se faire entendre. Dans la rue le 3 et le 18 décembre contre la loi Darmanin, dans les entreprises et les assemblées générales pour nos salaires, notre Sécu, notre retraite, l’assurance chômage, dans les quartiers contre les discriminations et le droit au logement.

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Mis à jour le dimanche 18 février 2024