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La Confédération paysanne solidaire avec l’ensemble des personnes en situation de migration

En ce 18 décembre Journée Internationale des migrant·es, la Confédération paysanne exprime son entière solidarité avec l’ensemble des personnes en situation de migration, d’exil et d’enfermement dans les centres de rétention. Nous n’oublions pas celles et ceux qui ont perdu la vie sur les routes périlleuses de l’exil. C’est parce qu’ils et elles ne disposaient plus d’alternatives que beaucoup se sont arraché·es à la terre et à leur communauté rurale.

Les pays occidentaux et les grandes puissances mondiales ont su s’entendre sur de nombreux accords économiques de libre-échange, de libre circulation des biens et des marchandises, provoquant par ailleurs destruction des ressources, pauvreté et exploitation des peuples. Mais celles et ceux qui fuient la guerre, la misère, les menaces, avec juste l’ultime espoir de pouvoir survivre quelque part sur la terre, ne peuvent circuler aussi librement que les marchandises.

Cette journée est célébrée en France alors que le projet de loi « Immigration » est discuté par les parlementaires en commission mixte paritaire. Le texte amendé par le Sénat est un recul majeur pour les droits des personnes migrantes et en exil : rétention des enfants et réintroduction du délit de séjour irrégulier, en contradiction avec le droit international, réduction d’accès au séjour pour les étudiant·es, régularisation aux forceps pour les travailleur·euses de certains métiers en tension, suppression de l’aide médicale d’État. Au soi-disant pays des « droits de l’homme », nous ne pouvons accepter une loi qui stigmatise l’étranger et précarise encore plus sa situation, le rendant ainsi d’autant plus vulnérable aux systèmes de traite humaine. La Confédération paysanne s’associe donc à l’ensemble des organisations de défense des droits humains qui exigent le retrait de ce texte scandaleux et dangereux.

Alors que tant de secteurs d’activité sont en recherche de main d’œuvre, dont l’agriculture, il faut cesser d’instrumentaliser les travailleur·euses immigré·es. Pour la Confédération paysanne, qui œuvre depuis des années auprès des saisonniers migrant·es, métier « en tension » ne signifie pas « emploi au rabais », mais nécessite au contraire qu’une vigilance particulière soit accordée au respect des droits des travailleur·euses qui accomplissent des tâches souvent pénibles et ingrates. Et cela est d’autant plus crucial vis-à-vis de personnes en situation de migration, déjà fragilisées par leur parcours.

Notre histoire est façonnée par les migrations. Celles et ceux qui sont venu·es chercher en France la liberté politique, de meilleures conditions de vie, y exprimer leurs talents artistiques, ont toutes et tous participé à la richesse du pays. Nous en sommes les héritier·ères et les descendant·es. A la Confédération paysanne, nous demandons que la régularisation des personnes sans papiers s’applique sans discrimination et que les conditions d’accès au travail soient simplifiées. Nous affirmons aussi que l’avenir de nos fermes, de nos villages et de notre alimentation passera par l’hospitalité et l’accueil de nouvelles personnes, notamment venues d’autres pays.

Ce message a été porté au cours de la 8e Conférence internationale de la Via Campesina, organisée en Colombie début décembre. Cette Conférence a adopté une déclaration de solidarité et d’engagement « en faveur des droits des migrants et des réfugiés dans le monde », portée par ECVC, la composante européenne de la Via Campesina à laquelle a participé la Confédération paysanne. Cette déclaration exprime l’objectif commun de construire une nouvelle société dans laquelle les migrations forcées sont évitées et les pleins droits garantis à quiconque décide de migrer.

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Mis à jour le dimanche 11 février 2024